"Elles pensaient seulement au temps où elles allaient repartir, loin, repartir, cette fois, pour ne plus jamais revenir" (Le Clézio)
J'aime les mots, ces expressions d'espoir et d'optimisme. Tant de soupirs silencieux mais chargés d'émotions peuvent etre transmis par eux. Ils parlent pour moi de ces choses que je tais. Difficile de les mettre en place quand l'esprit est trop chargé.
Je suis face à une feuille trop blanche qui n'est autre, pour moi, qu'une feuille qui me parait trop blanche. Les doigts se crispent sur le stylo... Puis, lentement d'abord, s'animent et forment peu à peu le paysage que deviendra le papier. Les idées s'enchaînent, la mine court. L'écrivain en herbe se libère doucement de la prison de sa vie matérielle et ne fais plus que penser au fil des syntaxes et de la plume...
Elle y est. Elle ne réfléchit plus. Elle est sans armure et sans masque. "
Je suis là où je ne pense pas" (Lacan) Elle se sent bien. Libre d'écrire à sa guise les fruits de ses songes.
Le rythme s'accélère encore, toujours plus fort et elle se perd dans son "sôma", chaque fois un peu plus loin. Savie entière pourrai se créer à partir de mots, ils l'emmenent là où elle veut. Parfois même, il son un grand voilier qui la porte dans des endroits inconnus...
Elle divague mais se sent légère, inépuisable, invinsible. Rien n'arrete ses doigts qui volent haut, très haut au delà de l'arc-en-ciel qui la maintient dans sa vie réelle. Même lui n'a plus d'importance car, sur son carnet, elle note de façon abstraite ses angoisses et ses désirs inexaucés. "Fragile life, shattered dreams". Elle voyage dans le temps et l'espace. Ses pensées ne peuvent se taire, chaques fois elle l'embraquent plus loin puis...
C'est fini, la crispation aura eu raison de son index et de son pouce, la courbure de la nuque tiralle, un bruit étranger au monde qu'elle créait s'élève. Elle ferme les yeux, soupire s'étire... Et, avec une pointe de regret, note "interrompue" et referme son carnet.